Sur les traces de Galilée
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Réunion : Game over

 

Car comme disait le Tout-Puissant après avoir œuvré pendant  6  jours non-stop : « Bon, et maintenant… ? » Loin de moi l’idée de me comparer au créateur (du moins pas en public) mais je sens confusément qu’on a des atomes crochus lui et moi. Tu le sens bien toi aussi, avec ce bon sens, cette clairvoyance et ce génie qui te caractérisent, O mon lecteur prescient, c’est un peu l’heure du bilan tout de même.
10.540 kilomètres parcourus sur terre
36.000 kilomètres parcourus dans les airs
1 avion raté
23 bouteilles de vin hors restau
172 bières hors restau
11 kilos de surcharge pondérale accumulée hors enfants
35 pleins d’essence
2 campings cars
4 voitures
13 taxis
1 planche de surf
1 téléphone portable
1 GPS
250$ de tip (rien qu’à New York)
1 amende (stationnement irresponsable à Rotorua)
2 rhumes
1 otite
7 points de suture
2 dents cassées (de lait)
1 trou dans la tête
17 musées
66 fous rires (près de la moitié rien qu’au Canada)
2 prises de tête
19 Go de photos
8 heures de film
1 perte de chaussures
1 tsunami (évité en Nouvelle-Zélande)
1 cyclone (évité en Australie)
1 tempête (évitée en Nouvelle-Zélande)
1 marée noire (évitée de justesse aux USA)
1 explosion de bonbonne de gaz (évitée aux USA)
1 accrochage en voiture (pas évité de justesse à New York)
4 valises au départ
7 à l’arrivée
35.000€
1 rêve éveillé
 
Et aujourd’hui, c’est la rentrée.
 
 
 
Same players, play again !


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Publié à 10:28, le 19-aoû-2010,
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France, Paris

 

La boucle est quasi bouclée nous voilà à Paris chez Tonton Pascal qui a donc survécu au bombardement lancé par Lilou et Théo depuis Perth (oui, bah t’as qu’à suivre aussi !). Et ça a du bon l’aristocratie, faut avouer : vue sur les Invalides, la Tour Eiffel et le Sacré Cœur depuis une des 5 terrasses d’un duplex de 300 m², ça le fait bien. Dans le contexte politique actuel, on n’en dira pas plus, on souhaite quand même conserver quelques amis (des gueux) parmi la plèbe dans laquelle nous nous débattons. Donc, si Sophie connaît bien Paris, c’est un dépucelage pour Laurent qui n’a parcouru que quelques unes de ses rues lors du passage des Bleus de la coupe du monde 98 tout en passant ses oraux de concours… Et mais attends voir, là aussi la boucle est bouclée : Paris 1998 le triomphe des Bleus, Paris 2010 le triomphe d’Henry : le cancre s’est fait engueulé par sa cinglée de maîtresse, et hop, il va pleurer chez le directeur… Un avant-goût de la rentrée en quelque sorte. Bon, je sens que je te soule en participant à la diarrhée verbale qui se répand aujourd’hui. Alors je vais te donner quelques clichés un peu clichés de Paris, mais tant pis, c’est beau, et c’est tout !
 
Il semble qu’encore une fois, on arrive avec le beau temps et même la chaleur, et c’est à pied qu’on découvre mille et unes merveilles : les vendeurs à la sauvette parlent tous anglais, ils nous font des tours de passe-passe à mourir de rire avec des bagues tombées par terre, ils sont choqués quand on s’en va avec ce qu’ils mettent dans les mains de nos enfants, et tant d’autres amusements. Le bonheur reste toutefois dans le pré avec nos 2 chérubins qui s’ébrouent dans les crottes de chien.
 
Nos déambulations le long des quais de seine sont d’un ravissement reposant : je suis l’eau, la péniche, la fluidité, le grain de sable qui tombe au ralenti dans le sablier : « panta rei » comme disait Demis Roussos.
 
Petit tour au Grand Palais qu’on voit se dessiner des centaines de kilomètres à la ronde, ou presque. C’est la fête des russes en ce moment, et ils sont tous venus en poupées.
 
Pis dans ce climat de merde, on ne pouvait pas éviter le bateau-mouche. Outre ce vilain jeu de maux, on a curieusement retrouvé un peu de l’ambiance réunionnaise avec des pique-niques parfois improvisés en bord de seine dans une ambiance hugolienne avec L’Homme qui Crie, Notre Drame de Paris ou Les Derniers Jours d’un Con Damné (je t’ai épargné Ruine Blast, fais pas la gueule !).
 
On a quand même visité l’Assemblée Nationale, pas aussi drôle que celle de Québec, mais bien plus risible.
 
Inévitable Concorde, c’est pas loin en plus. Regarde ça, t’as pas envie de te mettre au garde-à-vous toi aussi quand tu vois l‘Obélisque ? Je te rappelle qu’on est allé le piquer aux Egyptiens et on l’exhibe au cœur de Paris, histoire de leur dire « Alors les gars, venez le récupérer si vous en avez dans le pagne ! »
 
J’avoue, ça claque cet obélisque, on a bien fait de leur taxer, et pis il aurait jamais écrit  Da Vinci Code, Dan Brown. A moins que je confonde avec The Lost Symbol … Enfin, t’façon, c’est toujours la même histoire avec lui, hein !?
 
Qu’elle est plaisante l’atmosphère des Tuileries quand tu as le temps de la balade nonchalante, et je te parle pas de l’Orangerie qui reste LE havre de paix ! Et t’as remarqué ? Y a toujours une chaise ou deux de disponibles autour des bassins, c’est la magie des lieux ! Tiens, un petit clin d’œil à Luc en passant, il fut notre guide à distance.
 
Un petit coucou aux Invalides (non, pas les futurs pré-retraités) et en route pour le Louvre.
 
Ah, le Louvre… Comment t’expliques ça toi : c’est le plus beau et le plus grand musée au monde et il est insupportable à visiter pour le touriste de passage. Perdus dans l’immensité, écrasés dans la vastitude, on a bataillé 3 heures avant de baisser les bras de la Vénus… et de sortir en courant, terrassés par le rythme imposé par la grégarité ambiante.
 
On a vite compris qu’on ne pourrait pas visiter le Louvre comme on l’aurait voulu, on s’est donc contenté des classiques, histoire de marquer les esprits des enfants au fer rouge de la culturité. Le Radeau de la Méduse, La Liberté Guidant le Peuple, La Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace, le Scribe et quelques autres.
 
 
« La Joconde ?! » me diras-tu avec cette sidérante clairvoyance que tu as, chevillée à ce corps d’éphèbe lascif qui est le tien et sur lequel fantasme ta voisine pudibonde. J’ai mieux : la foule Canonisée qui analgésize et virtualise l’œuvre du maître.
 
Tu l’auras compris, frère Théo eut immédiatement besoin de se ressourcer dans une cathédrale à l’échelle du péché d’orgueil auquel se livraient les infidèles du Louvre préférant le grouillement à la dévotion. Aussi nous atterrîmes à notre Dame de Paris pour un Libera Me en famille.
 
Mais frère Théo ne fut qu’à moitié contenté et c’est au Sacré Cœur qu’eut lieu la rédemption salvatrice.
 
Aaaaaaaaaaaaaaaaah Montmartre ! Ses rues en pente, son atmosphère décontractée, ses peintres, ses parasols… et ses courses de V.T.T. Marrant de voir les vététistes débouler à donf’ sur les pavés, descendant les marches en catastrophe, fixant de nouvelles limites aux lois de l’équilibre.
 
Une moitié de coucou au Passe-Muraille que l’amour a perdu, un clin d’œil à une des 2 dernières bouches de métro Art-déco de la capitale…
 
… et c’est aux Buttes Chaumont, dans le célébrissime Rosa Bonheur qu’on retrouve Christophe qui nous propose un apéro dans le gay Paris. Non seulement le parc est accueillant et agréable mais les amis gays de nos amis gays sont nos amis gays, et c’est avec Antoine qu’on termine la journée, Dee-Jay mondialement connu dont la gaieté est communicative si j’ose dire.
 
On se quitte, on se sépare, on se promet, on s’téléphone. Paris mériterait plus de temps, beaucoup plus, mais il nous est compté, et comme disait Pénélope corrigeant Nana Mouskouri qui glosait Démis Roussos : «  Bon, allez, je file ! »
 



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Publié à 09:07, le 27-jun-2010,
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Canada, Troisième partie : Montréal

 

Retour à la civilisation, on lâche les orignaux et les grizzlis, et on entre de plain-pied dans un des fiefs intergalactiques du hockey sur glace. Ah oui, mauvaise nouvelle, Montréal s’est fait sortir en demi-finale après s’être fait blanchir 2 fois, c’est presque la honte. Heureusement, il reste à Montréal sa poutine, comme à Troie son cheval, à Cambrai sa bêtise ou à Minh sa barre. Imagine des morceaux de frites molles prédigérées au milieu d’un gruau inidentifiable avec du lard et d’autres trucs visqueux, et tadaaaaa, la poutine ! On voulait tenter, mais on a vu la gueule du truc et on a laissé tomber y avait trop de similitude avec un vieux renard de poivrot syphilitique sur le déclin…
 
 
On s’est vite cantonné au quartier touristique avec ses fières enseignes et ses bibelots et reliques notamment dans le Quartier Cartier…
 
 
… ses boutiques fortement achalandées, son marché Bonsecours, ses drapeaux et fanions teintés d’un nationalisme j’ose espérer de bon aloi, la bonhommie ambiante et la fraîcheur saisissante du matin brumeux.
 
Bon, d’accord, j’arrête de te bourrer le mou, y a autre chose que je voulais te cacher mais, y a rien à faire, t’es trop perspicace, faut que je vide mon sac. Voilà, Montréal est une ville en guerre, mourante, qui est en train de couler, de s’effondrer, de partir en miettes de thon, tout se fissure, ça casse, ça pète, ça s’écroule, c’est l’exode, les gens partent en laissant tout derrière eux. Tu me crois pas ? Regarde plutôt ! Ca, c’est le centre-ville :
 
Ici, la Place d’Arme, un monument qui était jadis le fleuron et la fierté de la cité, aujourd’hui un furoncle croûteux !
 
Le Vieux-Montréal ? Tiens, fume, c’est du Canadien ! On dirait Beyrouth un jour de fête, des gravas, des échafaudages, des trous partout. Tu savais que Montréal était la capitale mondiale du nid-de-poule ? Oui ? Bah t’aurais pu nous le dire. Sérieusement, le Quartier des Artistes a été fermé aujourd’hui, la chaussée s’est effondrée, une voiture est restée coincée dedans, ils ont fermé la circulation.
 
Et puis, on a découvert la couleur avec une Lilou en joie tant elle rentrait bien dans l’image, tu parles, des arbres roses…
 
Une profusion de couleurs chatoyantes et mirobolées (oui, je compte faire entrer ce nouvel adjectif à l’académie française dès notre retour) qui a remis un peu de gaîté dans nos cœurs plombés par l’ambiance moribondifère (celui-ci, je pense que j’aurai plus de mal avec l’académie, mais je vais tenter aussi) des quartiers dévastés.
 
Et puis, tu as quand même des quartiers qui donnent envie, et dieu sait qu’avec 15° ou 20°C en plus, nous aussi on aurait pris un Bixi (le vélib local) pour déambuler dans la ville (et éviter plus facilement les nids-de-poules)…
 
Au final, et toujours avec Lilou en vedette, oui, Montréal, on t’aime.
 
Après la couleur, le trait, le geste, la fleur. Bah oui, mon luron, c’est la rue des artistes juste au bout là. Enfin, artistes, ils vendent des croûtes, quoi, c’est un peu la peinture version poutine dégoulinante, mais l’intention est là.
 
 
Et puis y a aussi la verdure qui prend le dessus (un peu comme dans la Planète des Singes, regarde)
 
 
Oh, regarde ça le joli combo, couleur, verdure et art, l’épitomé de la vie Montréalaise, en cake-sorte…
 
La ballade est toujours plaisante malgré la fraicheur de la saison, les petites ruelles invitantes, la bière ravigotante.
 
Et puis la lumière fut, celle du soleil, enfin. Pris de folie, on s’est jeté sur les quadricycles pour pédaler comme des malades (pour se réchauffer, parce que soleil, ok, mais chaleur, ça reste léger quand même).
 
Et on a enfin pu aller au mont Royal dont les Montréalais nous ont vanté les mérites systématiquement qu’on se sentait tout nigaud de pas connaître:
-          Bonjour, 2 limonades et 2 blanches, s’il vous plaît ?
-          Ben voyons donc, tu es-tu allé au mont Royal, au moins, t’sais ?
-          Euh, non, pas encore.
-          Cââââline, tu veux-tu ben sortir de mon café, lô, t’sais, pis vitement, pis tu reviendras quand c’est-tu-que-tu auras checké notre mont Royal, tabarnak ! As-tu donc perdu ton bon sens (ne pas prononcer le « s » final !!) ?
 
Comme on les trouve sympa et tout, on va pas leur pourrir leur mont Royal, mais bon, on n’a pas dû passer par les bons chemins, parce que oui, c’est mimi, m’enfin, y a pas non plus de quoi se la mordre. On a préféré pousser un peu jusqu’au Biodôme …où on a retrouvé l’ambiance fin du monde avec des travaux partout, des animaux qui s’échappent, la totale, genre l’Armée des 12 Singes après l’hécatombe.
 
Tiens, on a même rencontré un cousin, tout petit, genre 20cm, mais qui faisait plus de bruit avec ses cris qu’un bonobo en rut.
 
Le principe est sympa, tu visites 4 microcosmes reconstituant 4 climats différents, tu es enfermé dans une vaste bulle avec les animaux en semi-liberté. Nous, on a rencontré un gros oiseau pataud. La semaine dernière, il paraît qu’une famille a rencontré un troupeau de caïmans. On n’en a plus jamais entendu parler depuis.
 
Et ensuite, ce fut de nouveau le kif suprême avec un autre spectacle du Cirque du soleil, Totem, cette fois. Que te dire ? Les mots manquent, alors tu cliques sur le lien et tu te fais ton idée.
 
Lilou en transe, les parents aux anges, Théo en pleine méditation transcendantale réfléchissant sur l’origine du monde (pas celle de Courbet, l’autre).
 
Il a réussi à nous embrigader dans son délire philosophique et nous a tiré à jusqu’à la Biosphère pour réfléchir sur comment-améliorer-les-choses-sur-cette-planète-mourante-ah-mais-merde-c’est-trop-tard-bon-ben-osef-alors-branche-la-clim-vite-fait-il-fait-grave-chaud.
 
Il semble convaincu que la solution viendra du ciel, on dirait. Alors, les E.Ts ou Dieu ? Un mix’ des deux ? Sont-ce la même entité ? Dieu n’est-il pas inside ce beautiful mind ?
 
Bon, je t’avoue que le voyage tirant à sa fin, nous, on tirait un peu la gueule, biosphère ou pas : on continuerait bien notre exploration du monde…
 
Malgré tout, Laurent s’interroge sur le Poutine Power…
 



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Publié à 22:02, le 13-jun-2010,
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Canada, Deuxième partie : l'orignal est un animal dangereux...

 

Sur la route, t’as déjà des panneaux qui sortent de l’ordinaire…
 
 
Et t’as même des messages subliminaux comme quoi faut se méfier des petites filles avec des couettes.
 
 
C’est un crève-cœur que de s’arracher de Québec, mais c’est décidé, on va explorer le Grand Nord. Enfin, le Grand Nord, faut pas exagérer, non plus : on suit le Saint-Laurent, on se fait la Baie Saint-Paul, la route du Fjord jusqu’à l’Anse Saint-Jean puis la route du lac Saint-Jean. C’est fou comme ça ressemble à la Réunion, y a des saints partout, et ici, ils ont le mérite d’avoir un Saint-Laurent, en plus, la cerise sur le gâteau, quoi ! On a terminé à Mashteuiatsh… C’est aussi dur à lire qu’à écrire, rassure-toi ! Et c’est chez les Amérindiens ! T’avais deviné ? On commence par aller prendre un bain en dessous des chutes de Montmorency au milieu des troncs d’arbres que tu vois en bas de la chute sur la 2ème photo.
 
Pis bon, après, c’est la fraicheur qui te saisit. C’est là qu’on s’est dit que ce qu’il nous fallait c’était une cabane. Au canada, une cabane ? On pouvait pas l’éviter celle là… Bon, moi, je la voyais pas rouge, mais tu vas pas chipoter quand même.
 
 
Le temps était parfait : petite pluie, fraîcheur qui tend vers la froideur, la brume matinale au dessus du lac. On a larvé toute la journée sous la couette, ou à côté du poêle. Faut dire aussi que mémé Jeannine nous avait dit avoir vu des ours dans son jardin… Du coup, on s’est cantonné à l’observation du banc et du lac de l’intérieur… pour finir par une bonne fondue !
 
Pis au final, pas d’ours à l’horizon. Alors on a filé dans une réserve faunique (oui, j’avoue, c’est particulier comme appellation) à Saint-Félicien, un mélange de zoo et de réserve genre Kruger Parc. Petite panique de nos 2 lardons lorsqu’une énorme araignée a tenté de les capturer dans ses rais…
 
La partie zoo est vraiment plaisante, chaque groupe d’animaux a tout plein de place, un habitat rien que pour lui et un silence de bon aloi règne partout. C’est comme ça qu’on a pu zyeuter lynx pratiquement impossible à voir dans la nature (spéciale dédicace à Bobcat …), grizzly (bien trop dangereux pour ses camarades de jeu pour être laissé en liberté dans la réserve) et puma (un mix’ des 2)
 
Mais là où c’est l’fun, c’est quand tu embarques dans un espèce de chapelets de cages à roulettes avec une chauffeuse (oui, ici, on féminise pour de bon, on fait pas dans la dentelle, enfin, si aussi, mais pas la dentelle linguistique) qui te ballade à travers toute la réserve à la recherche des orignaux, des wapitis, des loups ou des ours noirs. Tu traverses aussi un village de colons reconstitué où on t’explique que les autochtones et les premiers pionniers vivaient en bonne intelligence, chacun apportant à l’autre son savoir-faire. Les rigueurs du climat aidant, sans doute. Mais l’habitant le plus représentatif reste le chien de prairie et la marmotte…
 
Après quelques dizaines de minutes, on passe tout près d’un troupeau de bœufs musqués, ces animaux qui font comme les joueurs de foot US quand ils sont contents : ils se mettent des gros coups de melon :
- Mouiiiiin, chui trop content.
- Ouaiiiiis, moi aussi, viens, on se met des coups de tête.
- Wow, trop … aïeuh, cool !
- Aïeuh, ouaiiiis !
Arrive un moment où ils sont tellement déglingués de la cafetière qu’ils se souviennent plus comment on marche, alors ils s’affalent !
 
A mon avis, y a 250 ans, les trappeurs devaient être pliés à regarder ses animaux s’entrechoquer le crâne, en coupant du bois…
 
Première rencontre du type frisson, le gros ours noir qui somnolait tranquillou et qui interrompt sa sieste pour se poser plus loin où les touristes viendront pas le déranger.
 
A peine 200m plus loin, un vieux bison des plaines solitaire nous observe placidement. Enfin, j’espère, parce que vu le molosse, je pense pas que le train résiste à sa charge. Plus de 2m au garrot nous dit la guidesse (c’est pas très féminin, mais que veux-tu…). Elle nous avoue aussi que les bisons des forêts sont bien plus gros et peuvent atteindre 3m au garrot…
 
Il nous faut un petit quart d’heure avant de tomber sur des wapitis, à ne pas confondre avec les rennes de Virginie, les bêtes à cornes du père Noël. La vache, comme c’est gros ! Plus qu’une vache, de loin, et aussi gros qu’un cheval, les cornes en plus. Y a que l’orignal qui soit plus gros, tout ça parce que ce dernier a des pattes plus longues, alors qu’il pèse moins lourd. Le wapiti ? Wow, pitain !
 
On termine l’après-midi et la balade avec un dernier ours noir qui, comme le précédent, préfère s’en aller plutôt que d’observer des touristes. On peut pas lui en vouloir. Petite déception, pas d’orignal à portée de caméra. Un ou deux ici et là qui comme l’ours fuient à notre approche.
 
Et donc, plus au sud de la réserve faunique, y a Mashteuiatsh ! C’est une réserve indienne, enfin, un territoire, c’est pas très clair.
 
En tout cas, ils sont pas parqués comme aux States, c’est juste qu’ils ont un système administratif un peu différent. Bah y a pas un chat, dis donc ! On comprend pourquoi au bout de plusieurs heures d’errance. Aujourd’hui, les habitants (terme péjoratif en québécois qui signifie paysan retardé…) élisent leurs représentants. Et Monsieur Philip (un indien au nom étrange, je te le concède !) nous dit qu’ils votent pour des chefs ! C’est pas la classe, ça ! Alors, est-ce Castor-souriant ou Moufette-bancale qui a gagné, on s’abstient de demander, mais de justesse… Ce qui nous intéresse surtout c’est la tranquillité des lieux, au bord du lac Saint-Jean (Eau-qui-jamais-ne-mouille-la-chemise-du-bucheron-prévoyant en indien). Le soir n’en finit pas de tomber, doucement, doucement. Les pêcheurs trainent dans leur canoë sous la caresse lascive du couchant.
 
 
 


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Publié à 01:04, le 5-jun-2010,
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Canada, Première partie : Québec

 

Le douanier nous parle gentiment du temps qu’il va faire, les gens sourient, les trolleys sont gratuits, t’arrives à l’agence de location de voitures, tu as des fruits à volonté, on te propose de l’eau en bouteille (gratuite), et comme on attend un petite quart d’heure, les gars n’en finissent pas de s’excuser et nous upgrade le véhicule… Mmmmmmaaaaaaaah, bienvenue au Canada !
 
 
 
Ca me fait penser à Drew qui n’aime que très modérément les canadiens qu’il considère comme faisant partie du tiers-monde… Justement, une petite parenthèse pour lui faire quand même une grosse dédicace malgré ses préjugés puritano-protectionnistes. Il fut notre guide dans l’obscurantisme US, notre lumière dans l’obscurité, notre vin dans la bouteille, notre frite dans la moule. God Bless America, God Bless Drew’s sacred fire ! My man, we <3 U !!
 
Et c’est logiquement à l’église que nous allons brûler un cierge à sa mémoire avec un Théo en transe ! Be blessed Drew Johnston !
 
 
Québec, au Québec, sous la canicule… On n’est pas tous à la fête non plus, une méchante otite paralyse Sophie. Malgré tout, vaille que vaille, on s’enivre du charme si particulier de la ville, ses petites maisons de 3 ou 4 étages en ligne, sa verdure, ses couleurs, son atmosphère paisible, une ville à la campagne, et lycée de Versailles.
 
Pis, lô, tabarnak, ben fait ben chaud lô, t’sais !? Un passage chez le laitier nous semble opportun. Pis avec un méchant temps comme çô, lô, ben, ca a point d’allure si tu t’catch pas un ben belle glace molle, t’sais !? C’est pô amazing des glaces molles comme çô, lô ?? C’est malade !
 
 
Tu t’en doutes, vu qu’t’es malin comme un singe de cirque, le plus dur à Québec, c’est de maîtriser le fou-rire qui te vient dés que tu parles avec un gars ou avec sa blonde. C’est pas pour se moquer, attention, mais c’est trop bon ce rythme, ces expressions, ce calque sur l’anglais parfois, cette bonhommie dans la langue que tu sens complètement libérée. Alors on se lance des défis la blonde Sof, le chum Laurent. Par exemple, on te répond pas « de rien » ou « pas de quoi » mais « bienvenue » ou « ça fait plaisir »… C’est à qui arrivera à enchaîner 3 « bienvenue » de suite, par exemple. Mais je diverge. Alors le château Frontenac, à Quebec, tu peux pas tellement l’éviter, et c’est vrai qu’il a du caractère, avoue !
-          Nan, on dit « il a d’l’allure » !
-          Ah oui merci.
-          Bienvenue… ;---)))
 
Mais comme dit tantôt, c’t’aussi la campagne à la ville t’sais ? Et tu passes facile du bucolique au citadin, et c’est un des petits bonheurs de Québec.
 
De café-couette en couette-et-café, à force de discuter avec l’autochtone, et étant donnée la gentillesse du québécois, on s’est dit qu’ils avaient sûrement une vie politique généreuse et impliquée. Alors on a purement et simplement pris rendez-vous avec le premier ministre pour le voir bosser à l’assemblée.
 
Tabernacle ! Quelle rigolade ! Face à face entre d’un côté, les membres du gouvernement, de l’autre l’opposition qui est majoritairement composée de partisans du Québec Libre et Indépendant. Ca a commencé avec l’anniversaire de mémé Charlebois (100 ans), puis l’opposition a stigmatisé les bienfaits d’un restau du coin avant qu’un autre vante les mérites d’un pianiste local… Hallucinant ! Un peu plus tard, y a quand même eu débat sur la corruption et les subventions attribuées à bidule et machin, l’impossibilité d’y voir clair dans le financement de centrales hydrauliques… Amusant de les voir se chamailler, en Québécois dans le texte, je te laisse imaginer le délire !
 
Retour au Vieux-Québec et un hommage appuyé à Champlain, le fondateur de la ville. Tu remarqueras qu’on voit beaucoup plus de drapeaux du Québec (4 fleurs de Lys dans 4 rectangles bleu roi séparés d’une croix blanche) ou de Québec (avec le bateau jaune) que du Canada. Ici, on est Québécois, et éventuellement canadien, mais toujours dans cet ordre !
 
Pis voilà ti pas qu’on tombe sur une manif de profs en plein centre. Forcément, on noue le contact, et on apprend qu’ils manifestent pour obtenir plus de postes, moins d’élèves par classe, enfin tu connais le refrain, j’suis sûr…
 
Et 3 jours plus tard, on reconnaissait le bienfondé des doléances des profs et 3000 postes étaient créés. Ca laisse rêveur, hein ? Un gouvernement qui se sent concerné par l’éducation que ses enfants recoivent… Bref, nous voilà descendant dans le bas Québec. On est passé de la citadelle, aux portes de la ville, au centre historique, pour terminer dans les mignonettes ruelles des bas quartiers.
 
Entre les façades en trompe-l’œil, les artisans de l’érable, les laitiers et les artistes-peintres, une nouvelle atmosphère s’installe où le piéton est roi, le pas léger.
 
Et ces petits bonshommes suspendus dans les rues piétonnes rappellent la légèreté qui flotte dans l’air, tout coule, tout plane, c’est fleuri, c’est chantant, ça sent bon, l’œil pétille, le sourire s’offre, le soleil donne.
 



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Publié à 14:18, le 3-jun-2010,
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